ÉDITORIAUX

A.001 SEULS NOUS, POUVONS FAIRE QUELQUE CHOSE POUR NOUS.

En effet, seuls nous, pouvons faire vraiment quelque chose pour nous et plus nous sommes nombreux à le croire, plus la victoire est certaine.

Ainsi, continuons-nous à nous prendre en mains et montrons au monde entier que nous sommes solidaires, respectueux de la personne humaine.

C’est pourquoi, nous vous recommandons d’adopter deux symboles très significatifs à savoir :

  1. Notre fierté : SOYONS FIERS DE NOUS. Toutes les couleurs de la nature sont différentes et cachent une beauté particulière. Le noir est aussi beau : BLACK IS BEAUTIFUL. Observons les couleurs des animaux, des fleurs, des minéraux etc., elles sont toutes admirables suivant les goûts et occupent toutes des rôles importants dans la nature. Il n’y a aucun rapport entre le noir et la faim ou la souffrance ni aucune causalité  entre le noir et l’ignorance. Il n’y a pas si longtemps, les vêtements noirs étaient uniquement portés aux funérailles et aux moments de deuil. Les grands couturiers et les faiseurs de mode ont décidé de faire la promotion des tenues noires. Aujourd’hui, la toilette noire est quasi l’uniforme des grandes cérémonies et soirées de gala. C’est maintenant notre tour de faire, pendant toute la durée de ce nouveau siècle, notre promotion avec nos cheveux crépus, notre nez camus, nos lèvres dodues mais aussi avec un teint relativement plus jeune que notre âge, avec une force ou une résistance à exceller dans des sports d’endurance et dans les travaux lourds. Soyons fiers de ce que nous sommes.
  2. Notre appartenance : Adoptons le symbole d’autrefois de l’ANC- Mandela chaque fois que nous rencontrons un autre noir ou un ami des noirs en serrant le poing avec le pouce levé pour exprimer notre fierté, notre solidarité et surtout notre volonté à occuper nos places dans la société que nous appartenons. Car seuls nous, pouvons faire quelque chose pour nous. Mais faisons-le sans rancune ni violence.
    W.P Bien-Aimé.
    mai 2001

A.002 L’ESCLAVAGE : UN COMMERCE RENTABLE.

A notre avis, la traite des noirs n’a pas été instaurée pour punir ou pour exterminer les noirs dans le monde mais bien pour répondre à des besoins commerciaux. Les esclavagistes furent, avant tout, des hommes d’affaires qui, en lieu et place des tracteurs, des grues, des bulldozers se ruèrent sur une espèce humaine disponible et plus susceptible à exécuter des travaux lourds dans des mines, sur des fermes...etc. Si les noirs n’avaient pas la réputation d’être endurants et si leur disponibilité ne fut pas non plus favorisée par certains de leurs pairs, peut être les colons auraient fallu simplement se tourner vers une autre espèce humaine ou inventer autres choses pour assouvir leurs besoins commerciaux. D’ailleurs, l’esclavage, en Amérique, n’a pas commencé avec des noirs d’Afrique mais avec la population indigène, les Indiens d’Amérique qui, sous le poids des travaux forcés, moururent en grands nombres. D’où la présence des esclaves africains en Amérique. Cependant, la durée de l’esclavage des noirs, plus de 600 ans et les traitements de plus en plus atroces qu’ils subissaient malgré leurs revendications et leurs révoltes font de notre race une proie normale à l’esclavage. Ainsi qui dit noir, dit automatiquement esclave avec toutes les épithètes négatives que ce mot comporte comme par exemple inférieur, idiot, misérable, damné, sauvage sale...etc. Malheureusement ces épithètes attribuées à notre race persistent encore aujourd’hui.
W.P Bien-Aimé. mai 2002

 

A.003  UN RETOUR D’ASCENSEUR

 

 Justificatif

 

Durant les années soixante et soixante-dix, Haïti a été vidée de ses cerveaux et de son savoir-faire au profit des pays étrangers et il semble que les évènements malheureux que connaît notre pays soient en partie les conséquences de cette effusion. Il y a donc lieu d’encourager  les membres de la diaspora haïtienne à se porter volontaires pour un retour massif au pays afin d’aider un gouvernement démocratiquement élu à reconstruire notre pays. Ce retour se réaliserait dans le cadre d’une entente formelle entre l’État haïtien et les gouvernements de pays tels le Canada, les Etats-Unis et la France. De toute évidence, les Haïtiens, qu’ils soient en Haïti ou à l’extérieur, sont les aidants naturels du pays. D’ailleurs, en temps de crise ou de paix, la diaspora haïtienne est le premier pourvoyeur du pays et d’après les statistiques de l’OCDE et d'autres organismes internationaux , cette assistance s’élève à plus d’un milliard de dollars US par année.

 

Approche privilégiée

Certes, il ne s’agirait pas d’imposer cette façon de faire au gouvernement et au peuple haïtien; tout doit se faire selon les règles de l’art, dans le respect total de la liberté et de la dignité des Haïtiens sur place.  D’ailleurs, le succès de ce projet doit reposer sur un travail en « symbiose » avec les autorités en place et sans aucune condescendance.

 

Les gouvernements en question mettraient en branle toute la diplomatie nécessaire pour offrir à un gouvernement haïtien démocratiquement élu cette façon de faire.  Une fois une entente de partenariat signée entre les divers gouvernements, la maîtrise d’œuvre du projet serait confiée à une organisation à but non lucratif.

 

Les citoyens et résidents d’origine haïtienne de ces trois pays donateurs seraient invités à  poser leur candidature à des postes préalablement affichés; le choix du candidat et sa nomination incomberaient aux autorités haïtiennes.

 

Quelques balises

Énumérons  quelques balises susceptibles de rendre ce projet réalisable à la satisfaction du gouvernement haïtien, des gouvernements étrangers et des Haïtiens intéressés par ce retour. L’on peut ainsi espérer que cette façon de faire se révélera, parmi toutes les formes d’assistance des pays occidentaux, l’une des plus rentables pour Haïti.

 

Groupes et catégories d’emploi ciblés

Les groupes ciblés seraient  des :

1.       citoyens français, américains et canadiens d’origine haïtienne

2.       résidents français, américains et canadiens d’origine haïtienne

3.       tous les autres citoyens et résidents de ces trois pays donateurs.

 

Toutes les catégories d’emploi seraient ciblées, notamment :

1.       Employés des secteurs public et parapublic tels que les  fonctionnaires et employés des  sociétés d’état, etc.

2.       Employés du secteur privé, qu’ils soient au service de sociétés incorporées ou non

3.       Professionnels ou travailleurs autonomes

4.       Retraités

5.       Sans emploi – étudiants – autres.

 

Conditions

 

Les conditions de travail de ces coopérants seraient tout à fait équivalentes à celles accordées à tout citoyen de ces trois pays en mission d’assistance à l’étranger. Sans vouloir faire de comparaison, les bénéfices marginaux et avantages sociaux de ces travailleurs à l’étranger devraient, toute proportion gardée, s’apparenter à ceux des fonctionnaires des ambassades.

 

 

Conclusion

 

Nous connaissons les défis qui attendent le prochain gouvernement haïtien au lendemain des élections de 2005. L’immensité de la tâche contraste, il va sans dire, avec la modicité des moyens à la disposition de l’État haïtien. D’où la nécessité, pour mener à bien ces actions, de recourir à des stratégies particulières, dont une meilleure canalisation des différents apports des ressources haïtiennes à l’étranger.

 

La proposition de partenariat que nous soumettons aujourd’hui s’inscrit dans une telle perspective. Il s’agit, en fait, d’une esquisse devant guider la réflexion sur les meilleurs moyens à mettre en œuvre pour parvenir à utiliser, de la manière la plus judicieuse possible, les vastes ressources haïtiennes disponibles en diaspora. Les liens affectifs, culturels et sociaux que maintiennent les Haïtiens de la diaspora avec leur pays d’origine, de même que l’esprit de solidarité qui semble animer les populations et les gouvernements de certains pays à l’égard d’Haïti, constituent autant d’atouts sur lesquels on pourra compter pour la conception, l’élaboration et l’exécution de cet ambitieux projet.

  

Wilner.P Bien-Aimé, M. Ed.

Mars 2004

 


 

A.004 UN RÊVE TANT CARESSÉ

La Fondation des Pognon Bien-Aimé de Thomazeau, en concertation avec le Regroupement des organismes canado-haïtiens pour le développement (ROCAHD), a accordé à deux organismes communautaires de Thomazeau, en Haïti (ODECT et RAFARE),  une subvention de 26 203 dollars canadiens pour le reboisement et l’aménagement d’un bassin de rétention d’eau pluviale.

Le programme de reboisement a été entrepris à Thomazeau en vue d’enrayer le processus de dégradation et d’écroulement de la colline désertique au pied de laquelle jaillissent les sources d’eau communément appelées Tête Source. 

 

Pour bien comprendre l’importance de ces travaux, rappelons que Tête Source est l’un des principaux  lieux d’approvisionnement en eau de la population de Thomazeau tant pour ses besoins alimentaires qu’agricoles. Ce lieu sert aussi d’abreuvoir à la population animale, très dense; ce qui accroît les risques de contamination pour la population humaine.

De même, en temps de fortes pluies, Tête Source devient le lit des torrents impétueux qui y laissent divers déchets (cadavres d’animaux, amas de gravier, etc.). D’où une augmentation du degré de contamination après chaque inondation.

 

Pour juguler ce processus de dégradation écologique, le groupe ODECT ET RAFARE, grâce à une aide financière de l’Ambassade du Canada en Haïti, a, dans un 1er volet, érigé au bas de cette colline désertique une clôture en béton protégeant ainsi l’espace aquatique des déversements de déchets et de l’accès des animaux. Les deux organismes ont également  procédé au captage des eaux et à l’irrigation des terres avoisinantes pour l’usage exclusif de la population humaine de la région. Ils méritent ainsi notre profonde admiration et nos plus sincères félicitations.

C’est donc pour permettre l’achèvement de ces importants travaux que nous avons accepté de financer, avec la collaboration du ROCAHD, le 2e volet du projet, soit le reboisement de la colline désertique et l’aménagement d’un bassin  de rétention pour abreuver exclusivement la population animale de la région.

 

Nous sommes très fiers de ce nouveau partenariat avec le ROCAHD, qui nous aidera certainement à mieux atteindre nos objectifs.

                                            Wilner P Bien-Aimé

                                             Président. déc. 2004

 

                                                                                                                                    .

N.B. Les fonds de notre Fondation proviennent uniquement des contributions de la famille Pognon Bien-Aimé tandis que ceux de ROCAHD émane de l’ACDI.

 

A.005 PEUT-ON DEVENIR QUÉBÉÇOIS?

 Né à Thomazeau, Haïti, de parents cultivateurs modeste, Wilner Bien-Aimé est le cadet d’une famille de treize enfants dont il est le seul survivant présentement. Ce pionnier a connu bien des difficultés tant dans sa vie personnelle que professionnelle. En effet, moins d’un an après sa naissance, il échappait de peu à la mort. À l’âge de dix ans, il était déjà orphelin de mère. Par la suite, la mort viendra encore, par deux fois, frapper à sa porte. Dans un premier temps, le paludisme, cette terrible maladie tropicale, le contraindra à près de six mois d’absence de l’école; ensuite, ce sont les assauts d’une jaunisse qui l’obligeront, encore une fois, à s’absenter de l’école pendant trois mois. Mais, ses longues absences ne l’ont jamais empêché de réussir ses années scolaires.

 

Par ailleurs, une semaine avant son voyage pour le Canada, l’autorisation de départ lui est refusée et il devra se résoudre à épouser de force une femme pour avoir droit de partir avec cependant la note suivante écrite en rouge sur la page centrale de son passeport : « L’interdiction de départ formulée contre le sieur Bien-Aimé est levée.»

 

Six mois après son installation au Québec, le ministère de l’Immigration lui ordonne de quitter le Canada malgré son contrat d’engagement comme professeur de chimie à la CECEM (Commission des écoles catholiques de Montréal) et un permis d’enseigner délivré par le ministère de l’Éducation du Québec. Il a fallu attendre trois ans pour que cette ordonnance soit renversée par la Cour d’appel.

 

Sur le plan professionnel, cet homme de vision a fait face au racisme et à la jalousie la plus acerbe, entre autres, de ses collègues de travail qui ont tout fait pour lui couper la route, mais sa devise « Quelque soit le  barrage, on n’empêche pas un fleuve de se jeter à la mer» lui a permis de braver les principaux obstacles. A 23 ans, titulaire d’un baccalauréat 2e partie et d’un diplôme d’École Normale, il enseigne dans la même année dans deux écoles différentes à Miragoâne (Haïti) et ouvre son premier dry cleening tout en demeurant inscrit à l’École de droit à Port-au-Prince en même temps.  

 

Malgré une formation très sommaire en chimie, il a enseigné avec brio cette matière pendant 18 ans dans des écoles secondaires  au Québec. Il a même publié, en 1981, chez l’Éditeur Guérin, un cahier de chimie comportant trois tomes dont un guide pédagogique pour les enseignants. Devenu chef de groupe dans son école, il a coordonné le travail d’une quarantaine d’enseignants en Sciences. Détenteur  d’un certificat en Droit, d’une licence en sciences pédagogiques et d’une maîtrise en Éducation, Il a également enseigné, pendant un certain temps, à l’Université du Québec.

 

Plus tard, il a laissé l’Enseignement pour assumer, sans aucune formation préalable en gestion, la direction générale d’un CHSLD (centre d’hébergement de soins et de longue durée) privé conventionné. Cet établissement, dont il s’est porté acquéreur en 1982 alors qu’il était tout vétuste et au bord de la faillite, est maintenant relocalisé dans un édifice des plus modernes qu’il a fait construire lui-même en 1989. Avec un personnel de 105 employés dont ses deux filles, son neveu et sa nièce, cette entreprise familiale compte également deux syndicats dans son sein et occupe aujourd’hui le 8e rang des plus grands créateurs d’emploi de sa région métropolitaine de Sorel-Tracy, PQ.

 

Père de famille affable, Wilner Bien-Aimé est fier de ses trois filles, toutes titulaires d’un diplôme universitaire.

 

Wilner Bien-Aimé adore les partys, les réunions de familles, les soupers entre couples d’amis, la danse, les sports de plein air et les voyages. Il a cependant en horreur la jalousie, l’hypocrisie et la lâcheté. Grand travailleur, il a toujours occupé deux ou trois emplois en même temps et a souvent, durant ses périodes de temps libre, mis de côté son sarrau de professeur de chimie pour aller tondre le gazon ou faire le ménage dans ses immeubles à appartements.

 

Ses amis le qualifient d’impatient, direct et impulsif, mais vantent son côté chaleureux, son optimisme et sa générosité.

 

Son engagement communautaire est bien connu. En effet, il est membre fondateur de la Maison internationale de la Rive-Sud, un organisme fondé en 1978 qui offre encore aujourd’hui différents services aux nouveaux immigrants au Québec. Il a également mis sur pied, en 1995, une fondation, qui porte d’ailleurs son nom, pour aider les jeunes Haïtiens et tous les Noirs à occuper la place qui leur revient dans la société. Cette fondation qui est membre du ROCAHD (Regroupement des organismes canado-haïtiens pour le développement), appuie financièrement plusieurs organismes de bienfaisance en Haïti et dans la communauté haïtienne de Montréal. Militant au sein de plusieurs organisations, dont des associations professionnelles, politiques, et des chambres de commerce, il a créé dernièrement un site web dédié à tous les Noirs et aux amis des Noirs dans le monde (www.fierte-noire.com).

 

Mais, en septembre 1994, victime de ses succès, le ciel lui a tombé sur la tête. Un groupe de ses 105 employés, leurs représentants syndicats locaux, et même le curé de sa paroisse l’accusent et lui indiquent dédaigneusement la porte de sortie de son entreprise. Des politiciens, sa Régie Régionale, les vérificateurs du ministre, les journaux locaux, Radio-Canada, La Gazette et même Pierre Foglia, journaliste prestigieux de  La Presse s’en mêlaient.  Encore une fois, bravant la tempête, il ressort blanchi de toutes les accusations et poursuites portées contre lui.

 

Actuellement, Monsieur Bien-Aimé est retraité du gouvernement québécois, Il poursuit modestement son chemin vers la mer tout en demeurant actif au conseil d’administration de ses entreprises, ses enfants ayant pris la relève. Grand timide et très sévère pour lui-même, ces épreuves lui auront permis, en fin de compte, de prendre la mesure véritable de ses talents, de son courage et de sa dignité.

 

 

Reléguant ces vicissitudes au domaine du passé, il est lui-même étonné par la singularité et la richesse de son histoire. Cet immigré, arrivé au Québec en 1967 avec essentiellement pour tout bagage un visa d’étudiant et la modique somme de 300$ en poches, sans parent ni ami pour l’accueillir, sort enfin à l’orée de son 40e anniversaire au Québec  pour livrer au public ce récit autobiographique intitulé : PEUT-ON DEVENIR QUÉBÉCOIS ?

 

Au fil de cet émouvant récit, l’auteur  invite ses lecteurs à trouver avec lui la place que lui réserve les québécois de souche dans cette belle et immense érablière qu’est le Québéc.

 Juin 2006

 

ABRÉGÉ

 

-         Baccalauréat 2e partie, Haïti.

-         Diplômé d’École normale d’instituteurs, Haïti.

-         Certificat en Droit, Haïti.

-         Licence en sciences pédagogiques, Québec.

-         Maîtrise en Éducation, Québec.

 

 

-         Enseignant au niveau élémentaire, 2 ans, Haïti.

-         Enseignant au niveau secondaire, 18 ans, Québec.

-         Chef de groupe des enseignants de sciences, 2 ans, Québec.

-         Chargé de cours au niveau universitaire, 5 ans, Québec.

-         Directeur général d’un CHSLD, 16 ans, Québec.

-         Homme d’affaires, 42 ans, Haïti-Québec.

-         Écrivain, 2 livres, Québec.