COMMENT S'EN SORTIR ?

 

   D'ABORD, DES EXCUSES S'IMPOSENT.
Il ne fait aucun doute dans notre esprit que l’humanité entière est estomaquée de l’état combien pitoyable dans lequel vit le continent africain par rapport aux autres continents. En conséquence, nous sommes sidérés de constater l’état misérable dans lequel vivent les noirs par rapport aux autres races.

Aussi, certains pays de l’Amérique du sud, durement touchés par l’esclavage, végètent encore sous le poids de ce fléau. 

 Les noirs, sauf exception, ont souffert, souffrent, et souffriront pendant longtemps de l’humiliation et des atrocités  subies par leurs ancêtres durant plus de 300 ans d’esclavage. Ravalés dans des conditions infra-humaines, travaillant du lever au coucher du soleil, ces nègres n’étaient que des bêtes de somme attelés à la production.  De leur sueur et de leur sang, ils ont contribué, par exemple, à bâtir les châteaux en Espagne, à propulser l’industrie textile en Angleterre.  En France, ils ont alimenté l’économie française florissante de l’époque, ce qui a fait dire à Karl Marx : «  Le régime colonial donna un grand essor à la navigation et au commerce...  Les trésors directement extorqués hors de l’Europe par le travail forcé des indigènes réduits en esclavage, par conclusion, le pillage et le meurtre refluaient à la mère-patrie pour y fonctionner comme capital. » 

 Bref, il demeure indéniable que la traite des noirs fut très rentable pour la majorité des pays d’Europe et de l’Amérique du Nord; c’est à dire les anciens pays esclavagistes ainsi que leurs complices ou alliés. Cette rentabilité continue, encore aujourd’hui, à leur rapporter de très riches dividendes.

 

D’autre part, en faisant un tour d’horizon sur les conditions de vie des noirs à travers le monde, on est frappé par la précarité de leur situation et leur rôle marginal dans la société.  Les statistiques parlent d’elles-mêmes : le taux de chômage, l’alcoolisme, la toxicomanie, le décrochage scolaire, la criminalité et les épidémies de toutes sortes. Tous ces fléaux qui les caractérisent sont les stigmates d’une race piégée.  Le destin tracé dès le berceau, le jeune noir se trouve confiné à exercer les métiers les moins valorisants dirigé par un déterminisme implacable parce que la société façonne ses marginaux de toute pièce.

 Pourtant, ces rejetons continuent à lutter pour réclamer leurs droits et occuper la place qui leur revient.  Qu’on se rappelle du périple de Martin Luther King, apôtre de la non-violence dont la principale revendication était  " I am a man ".  Je suis un homme à part entière, non un homme sans âme, sans intelligence, sans avenir, sans voix, sans droit. 

Bien sûr qu’une minorité s’en est tirée, a pu exercer une profession libérale, instruire ses enfants et même rouler carrosse ; il n’en demeure pas moins que la barrière psychologique n’a jamais été franchie.  Barrière de l’infériorité raciale basée uniquement sur la couleur de la peau.

 Nous répétons que le Noir traîne encore ses 300 ans d’esclavage avec tout son bagage de souffrance psychologique, de rejet et tire encore de l’arrière péniblement dans une société qui le soupçonne, l’opprime, le prend en pitié, sans jamais lui permettre de prendre les vrais moyens de se redresser.  L’image du Noir partout dans les médias en est une de misère, de corruption, de mendicité, de maladie, de coup d’état, de guerres civiles…etc. et tout cela constitue un échec flagrant au monde civilisé, un crime contre l’humanité.

 Bien sûr, de nombreuses formes de réparations ou plutôt de soulagements sont longtemps en opération.  Nous pensons à l’aide internationale aux pays du Tiers Monde, aux multiples organismes de coopération, aux nombreuses âmes de bonne volonté, aux missionnaires qui apportent leurs soins et leur foi à une partie du monde démunie, affamée, appauvrie.  La liste est longue, l’énergie investie est immense et le bilan de plus en plus catastrophique car on ne peut bâtir sur des fissures.

 Nous ne voulons pas d’une aide « assistensialiste » devant toujours être renouvelée pour survivre.  Il nous faut des outils aptes à nous revaloriser et nous faire parvenir à l’autonomie sans aucune violence. Seuls nous, sommes en mesure de les conceptualiser et les appliquer à la grandeur de nos besoins.

 

 Des réparations ensuite

 

A ce titre, vous trouverez, prochainement sous notre rubrique « Savez-vous », en guise d’exemples seulement et sans jugement d’importance, certaines compensations déjà accordées aux groupes lésés  dans le monde.

 
Mais de quelles réparations s’agit-il?  Dans notre esprit, il faut écarter tout motif ou action qui s’apparente à la vengeance et à l’humiliation.  Il ne s’agira pas non plus de verser un montant d’argent aux noirs ou aux pays durement touchés par l’esclavage.

 Ces réparations devront faire l’objet d’un plan d’ensemble à long terme et tous les paramètres pertinents doivent être envisagés pour permettre aux noirs de se reprendre en mains et de sortir du marasme que l’esclavage les a plongés.

 

En conclusion, l’humanité entière a tout à gagner en prêtant sa collaboration et à voir tout un continent se redresser, récupérer une bonne partie de son autonomie sans violence et partant être plus apte à contribuer pleinement à l’avancement de la civilisation.

W.P Bien-Aimé, juillet 2003.